17.08.2009

.Parce que je n'en ai plus l'envie.

Petit à petit elle revient.
Se recroiser. Un jour. Et puis repartir ensemble.
Je serai alors sur le bord de la route, si ça n'arrive pas avant.
C'est con. Ça m'a coupé toute envie.
J'avais ces choses en tête, que j'ai dites à ma soeur. A Boston.
Ces choses que je voulais écrire. Ces quelques mots où je me disais heureuse, en confiance, prête à tout lâcher, parce que je me sens en sécurité. Prête à tout faire, à vivre n'importe comment. Du moment que.
Mais maintenant, ces quelques mots que je voulais écrire ne veulent plus sortir. Je les ai ravalés.
Parce qu'une simple phrase m'a fait ravaler le bonheur et la confiance que j'avais. Et que j'ai décidé de mettre de coté.
Toi d'abord. C'est con, parce que c'était un peu du partage que j'allais donner, mais tant pis.
Je garde l'utopie de mon futur pour moi toute seule, dans ma tête. Mes rêves d'oser affronter les bois.
Anyway.
Deux semaines et le cours de la vie reprend. Enfin le cours de ma vie, parce qu'autour ça tourne toujours.
J'ai fait une chose que je n'aurai pas du, mais c'est trop tard. Et puis tant pis, je reste accrochée, mais ce sera moins violent.
J'avais cette joie et cette assurance qui pétillait dans les yeux, et qui se reflétait sur leur sourire quand je laissais couler les mots.
Je l'ai vu heureuse pour moi.
Mais maintenant, je vois les choses différemment. A cause d'une phrase.
J'allais écrire, comme l'année passée. J'allais l'écrire avec ma main et un stylo. Pas avec des touches. J'allais le partager, pour me rassurer.
Mais ma main s'est refermée. Comme un escargot à qui on vient de toucher l'antenne. Pauvre escargot qui s'était méfié, et qui finalement avait trouvé l'assurance de sortir son oeil.
Je me suis refermée après cette phrase et cette autre.
On se recroisera. Mais ce sera sans moi.

Bref, Elsa ô ma petite Elsa, tu te fais du mal. Tu te tritures l'esprit à penser qu'on prépare de sales coups dans ton dos.
Que l'amour et l'idéal dont tu rêves vont être niqués. Ou que ça glisse sur toi parce que non, t'as pas le droit.
Je crois que tu as oublié Aimé chez moi.
C'est de la poésie, c'est peut etre pour ça que c'est un peu dur à comprendre.
Je ne sais pas si je vais le lire. Je sais pas si j'en ai très envie.

Ana, je me rends compte que je n'aurai même pas publié ces notes. Tu vas partir et tu me donnes envie de partir.
De tout lâcher. Tout. D'errer.
Ne plus aimer, parce que finalement quand j'aime, je suis trop niaise. Trop envahie, trop engloutie. Je rêve et je me heurte.
Quand j'aime je deviens folle. Jalouse, je vois le mal partout. La tromperie, la moquerie. Je me sens conne. Je me vois trompée, moralement. Je me vois incapable de combler qqun. J'y pense toujours. Je revois ça dans ma tête quand ça va pas.
Je pense que oui, je vais finir seule. Avec mes machines à écrire, mes sulfateuses, mes malles et le bordel qui va avec.
Je serai dans une cabanne. Avec un chat. Si je ne me suis pas tirée une balle avant. Un balle ou autre chose. Je sais pas trop.
Tiens je sais plus pourquoi j'y ai repensé il y a pas longtemps. Peut etre parce que je vois pas ce que je peux apporter, à part consommer.

Ah mon dieu G., si tu pouvais être là pour me dire de partir. Me dire que tout ira bien. Et que si je me casse la gueule, j'arriverai à me relever, quoi qu'il arrive. Que je serai heureuse. Que je trouverai qqun si un jour je suis seule. Que oui je sers à qqch, et que oui, il y a bien qqun qui a besoin de moi, qqun à qui je peux apporter qqch.

Il est tard et je vois le mal.
Je ne fais pas le poids. Je ne ferai jamais le poids.
Je serai toujours la surface.

Toujours aussi joyeuse ici.

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