16.05.2009
.La Chambre Utopie.
Ce soir j'ai les cheveux trop gras. Et j'ai même pas eu honte de me balader comme ça ce matin. J'ai même pas eu honte de lui ouvrir la porte, avec cette tête. Ni ce matin, ni ce soir quand c'était pire. La fin de la journée. J'ai pas eu honte de l'amener jusqu'à la gare, pour prendre la ligne 1, sans se prendre la tête avec des changements de métro et ses grosses valises du poids d'un âne.
Toujours avec cette tête, je suis allée chez ma soeur. Je voulais pas être toute seule, et puis elle avait du boulot, donc je me suis occupée de Chloé. Et puis, on a couché le chat, sans soucis, sans pleurs. Comme d'hab.
Pendant que je lui donnais à manger, il y avait en fond "Deux jours à tuer". J'ai pas pleuré, parce que j'étais pas dans l'ambiance. Je jouais à moitié avec le petit chat que je faisais rire.
Quand je l'ai vu là-bas, assis sur son banc en bois, son bol brûlant dans les mains, ça m'a conforté dans cette idée.
Je veux me réveiller, préparer le petit déjeuner, l'installer sur la table dehors. Je veux déjeuner dans le silence, le calme de la nature. Je veux déjeuner en me gavant la bouche de tartines au beurre et confiture d'abricot ou fraise, et en buvant un bon thé. En me gavant les yeux de nature, de verdure, de brume, d'oiseaux, de ciel...
Ca me rappelle quand j'accompagnais ma mère chez son amie Arlette. Aux Salelles. Chez elle. Dans cette maison que j'aime tellement. Avec ces niveaux. C'était quoi encore? Vers à soie? Anyway. Ca me rappelle les déjeuners encore en pyjama, tôt le matin. Sous la charpente en bois. Sur la grosse table en bois massive. Sur les tomettes carrées en argile rouge. Terrasse couverte. Avec vue sur le petit étang, les quelques pieds de vignes, l'âne et le dindon. Parfois les chèvres. Parfois un peu de brume. Juste le bruit du pain qu'on coupe sur la planche. Juste le bruit du couteau qui étale le beurre sur ce pain frais, tendre et craquant. Juste le bruit de l'eau, du café, du lait que l'on verse dans les tasses. Juste le bruit métalique des cuillères qui remuent. Juste le bruit des bouches qui soufflent pour refroidir et puis qui aspirent. Juste le bruit des sourires, des bonjours tout doux. Juste le bruit de la vie exterieure qui se réveiller elle aussi, et déjeune sur les branches, sur les brins... Parce que c'est trop beau. Que c'est trop bon. Le moment où tu profites. Le prolongement éveillé du repos.
Mais après, il faut s'activer pour tout ranger.
J'aime ces petits déjeuners là. Quand il fait suffisamment bon, beau, pour déjeuner dehors. En silence. Heureux.
Tu te rends compte que t'es bien là.
Je veux ça. Je veux cette sensation. Parce que je m'y vois. Parce que je sais que c'est ce qu'il me faut.
Sinon, j'ai aussi envie de rouler en voiture, là tout de suite maintenant, avec NTM à fond. Ce qui n'est pas tout à fait pareil.
Ca pose un problème à quelqu'un?
Mais pour l'heure, je vais me coucher et rêver mon petit déjeuner.
listenin to: Dirge (Cossack Apocalypse mx) - Death In Vegas
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