05.10.2008
.Hello Goodbye.
*Jeudi pour aujourd'hui*

La veille du départ d’abord. En dormant. Et ne voulant pas faire de bruit j’ai fini par me lever. Je ne crois pas avoir passé beaucoup de temps, debout devant la fenêtre, les bras croisés et m’essuyant de temps en temps le visage. Je suis revenue mais ne me suis pas retenue cette fois, tentant d’étouffer les pleurs. Cette nuit m’a parue très longue. Je me suis réveillée plusieurs fois. Je l’ai touché pour me sentir rassurée, et il y a répondu. Je n’ai pas très bien compris le malaise de la soirée. Le lendemain matin, je serais restée sous la couette encore et encore. Pour sentir indéfiniment le bien être de se trouver blottie dans des bras.
L’autre moment où je ne voulais pas pleurer. Mais c’était évident que j’allais craquer. Comment ne pas ? Moi qui suis si faible en ce moment… J’ai craqué. Apres deux trois mots, je n’ai pas pu. Plutot que de fondre en larme et engendrer des flaques d’eau, j’ai préféré me détourner de lui. Et commencer à avancer. M’essuyer le visage. Le voir partir. Ne plus le voir. Et avancer moi-même. Calmement. Et voilà.
Avant de quitter l’appart, j’ai laissé ce que j’ai longuement hésité à lui confier. Et puis j’ai fini par le faire, le mettre à un endroit où il y avait peu de chance qu’il le loupe. Enfin j’espère, sait-on jamais. Je redoute de me faire lyncher, ou de la possible colère que ça pourrait engendrer, ou aussi simplement de la pitié. Au moins il saura.
J’ai pris le train, à 10h13.
Pour une fois j’ai eu la place que j’aime sans avoir à changer avec qqun. Dans le sens de la marche, contre la fenêtre, à gauche. Pile poil. Le dernier cadeau. A coté de moi une jolie fille qui lisait un magazine people en écoutant son ipod. Je me suis installée après être allée manger une quiche lorraine dans le couloir pour ne pas empester tout le monde. J’ai sorti le archos et j’ai regardé Darling. J’ai beaucoup aimé. Va savoir pourquoi. Je trouve que Marina Foïs joue bien, l’histoire est triste et finit mal. Et j’ai ri. Le film terminé, j’ai écouté l’eunuque, je me suis endormie et de temps en temps ma tête est tombée. J’ai fini par me réveiller et couper la musique. Le casque me faisait mal. J’ai descendue ma veste pour l’accommoder en oreiller. Rien à faire. Je suis restée là, tête penchée à gauche, posée sur la veste. Près d’une demi-heure. Et pendant cette demi heure, j’ai montré la raie de mon crâne à la vieille de derrière. Je n’arrêtais plus de bouger. Un peu dérangée par la quiche du matin. J’avais oublié l’effet des quiches lorraines sur mon ventre et les transports. Mais c’est le vieux de la vieille qui a dégusté à ma place. Après 10min de non dodo, j’ai entendu un drôle de bruit. Comme quand on arrive à la fin du tube de mayo ou de ketchup. Et sa vieille qui lui dit « ah bah c’est malin, regarde ça, t’en as mis partout ». Je pensais qu’ils étaient en train de manger. Mais non. C’est en me retournant discrètement que j’ai vu le vieux faire à peu près la même scène que moi quand je suis bourrée : pris la tête dans le sac. J’avais pu observer un peu plus tôt que les fenêtres du TGV sentaient le pâté. Je colle souvent mon nez aux fenêtres pour mieux regarder le paysage. C’est un fait. Malheureusement, combiner pâté et vomi n’a rien de bon pour le nez. Je n’ai pas mentionné en plus ma nouvelle voisine de droite. Pendant qu’elle dormait alors que moi j’essayais désespérément de l’imiter, je n’ai pas pu m’empêcher de l’observer. J’ai d’abord regardé le haut de son crane. L’ensemble de sa tête avait une drôle de forme. Le début de ses cheveux était tres tôt sur le front. Leur couleur était blanche avec un peu de jaune *sur le blanc*, et des racines un peu foncées pour finir avec une queue de cheval blonde orangée. J’ai pu sans soucis constater que son oreille gauche était parfaitement propre, mais je pense qu’il en est de même pour la droite. Elle avait la peau un peu abimée. Mes yeux ont butté sur un beau petit bouton blanc, là ! pile dans le pli d’un ride de vie. Ahlala. Je l’aurais presque croqué avec les dents.
Sur le carré en face de moi, il y avait un homme qui ressemblait étrangement à Al Bundy. Al racontait les châteaux catalans, la région de l’Ariège, la cuisine française qui se perd etc. Ah le bon vieux pot-au-feu ! Il n’arrêtait plus de parler aux deux personnes en face de lui. Il me voyait entre leurs deux sièges. Il me voyait le regarder avec mes petits yeux plissés. Dans le carré opposé, j’ai vu deux mains tenir Le Livre de ma Mère, d’Albert Cohen. Je me suis dit « Oh mon Dieu, comme la personne qui lit ça doit s’ennuyer et en avoir marre des lamentations d’Albert ! ». C’est l’effet que ça m’avait fait, et malgré tout j’avais bien aimé le livre. L’après coup.
La dame du vieux derrière n’arrêtait pas de le saouler. Elle était chiante, à se plaindre sans cesse ! Elle l’engueulait et sur la fin du voyage elle lui a dit « tu passeras derrière dans la voiture, parce que tu sens pas bon », tu m’étonnes ! Le vieux s’était dégobillé sur le pull et le pantalon ! Des marques vertes apparaissaient sur le devant de son pull… Mais bon, il n’y pouvait rien le pauvre ! Elle a mangé un morceau à un moment, et je lui aurais bourré le reste de la nourriture dans le fond de la gorge si elle n’avait pas terminé avant que je me lève pour m’exécuter. Elle mangeait la bouche ouverte, ok c’est une chose, mais elle faisait des petits bruits en même temps, enfin on entendait la nourriture s’humidifier de plus en plus et ça, c’est bien qqch qui me dégoute. A l’approche de Paris, le ciel s’est fait de plus en plus gris et menaçant. Il a fini par pleuvoir. Les goutes sur le train me faisait l’effet d’avoir qqun pas loin qui trifouillait dans une poche fine en matière plastique. Papi a dit à un moment « oh un trou », j’ai tout de suite levé les yeux, et suis tombée sur une éclaircie dans les nuages. Ca m’a fait du bien.
J’ai quand même été accueillie à Paris par la pluie. Le froid m’a saisie. J’avais mes trois sacs pesant chacun plus lourd que l’autre. N’ayant pas d’argent je ne pouvais pas aller faire la queue déjà immense des taxis. Il me restait le métro, ce qui était hors de question, et le bus qui était en position n°2. Je me suis dirigée vers le n°91. Il était blindé. J’ai baissé les bras, et puis je suis tombée sur un distrib. Une fois dans la file j’ai attendu et attendu. Il y avait après moi une jeune hôtesse de l’air. Elle était très simple mais très jolie. Charmante comme diraient certains. Tout chez elle était beau. Habillée en bleu marine, comme beaucoup d’hôtesse, avec une petite valise. Forcément, le maquillage réussi, ses cheveux bien coiffés et retenus en une queue de cheval, sa frange bien peignée et la prestance de son uniforme y sont pour qqch. Mais je lui ai trouvé un charme. Elle avait une belle bouche. Timide, assez pulpeuse et qui fait envie. Un peu comme j’aurais aimé avoir. Je me suis alors sentie fade et presque plus vivante.
Mon taxi m’a déposée. J’ai entré mes affaires tant bien que mal.
La première chose que j’ai faite une fois chez moi, c’est aller au toilette. Puis en me rapprochant du bord de la fenêtre, j’ai aperçue un courrier. Je l’ai retourné pour voir l’expéditeur. Gros sourire. Ca m’a fait du bien d’être accueillie cette fois par un petit mot du Portugais. Oué, mine de rien, ça fait toujours plaisir. Après ça j’ai chargé mon téléphone.
J’ai sorti les photos que j’avais faite imprimer. Je me demande comment et où est ce que je vais les mettre. Il me tarde de donner vie à cet endroit.
J’ai eu ma sœur et ma mère au téléphone.
Ce soir je ne vois pas Sarah. Demain.
Je suis allée chercher mon portant à vêtement. Voilà, c’était ma sortie du jour.
Je suis un peu fatiguée et tristounette. La première soirée solo de mon installation définitive.
Heureusement qu’il y a le pot de cornichons acheté par ma mère pour me faire plaisir en arrivant. J’ai presque sauté de joie.
Je pense aller m’acheter de la bouffe chinoise pour ce soir. Il est déjà 19h29, et je ne suis pas allée faire de courses. Oui, je vais aller chez le chinois du coin, dont ma mère m’a parlée. Et puis je mélangerais le riz cantonais au porc caramel, ce sera déjà chaud. Avant mon mélange, j’aurais mis de l’eau à couler dans le bain. J’aurais choisi un film à regarder. Ce sera Lost in Translation. Ce sera très bien. Et puis une fois le bain terminé ou la batterie finie, je terminerais le film sur le « canap »…
Je reviendrais écrire un peu. Et puis j’irais au lit…
Demain j’aurais des choses à faire. Je devrais d’abord me laver les chx, les lisser peut être. Aller faire des photos d’identité. Il faudrait que j’achète des piles, de la patafix. Il me faudrait une lampe pour le salon. Je voudrais un grand plan de paris, une carte de France. Et puis un jour j’aurais pluss. Le planisphère et le globe ? Le jour où je voudrais m’en offrir des assez beaux. Il faudra que j’aille à la Place d’Italie, voir le centre commercial. Je dois acheter le four. J’irais me trouver un plat à tarte et puis un vase en verre pour mettre le sel. Et aussi j’irais surement faire qques courses, les essentiels.
Enfin là, je vais au lit, les yeux me piquent.
Ps : Je n’avais pas prévu l’étape « débardeur jaune » et ça a été un mauvais coup.
listenin to: Euh, le foot à la télé... chez ma soeur
pics: Vladimir Borowicz
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